Les lyonnaises célèbres


En se promenant dans Lyon, nous pouvons nous rendre compte que peu de rues, places ou ponts entretiennent le souvenir d’une femme. Nous pourrions en conclure promptement que peu d’entre elles, lyonnaises de surcroît, ont acquis une célébrité suffisante pour passer à la postérité.

Or, l’histoire de France le prouve, rares sont les femmes à en avoir émergé et l’histoire lyonnaise n’échappe pas à cette règle. Pourtant, certains noms nous sont familiers et appartiennent à notre patrimoine local, voire national.

Juliette Récamier
Madame Récamier
Cette visite a pour objectif de mettre en lumière certaines de ces Lyonnaises qui ont été partie prenante dans l’histoire de Lyon, et parfois même dans l’histoire de France. 




Les femmes dans l'histoire de Lyon


Au début du 16e siècle, Lyon est une ville qui rayonne ; ces foires attirent des milliers de visiteurs qui viennent de toute l’Europe. C’est dans ce contexte de foisonnement économique et culturel qu’apparaît un groupe de poètes, dont la fameuse Louise Labé. Pour Léopold Sedar Senghor, elle n’est rien d’autre que « la plus grande poétesse qui soit née en France ». Elle publie un recueil de son vivant qui connaît un grand succès. C’est une femme libre qui évoque le refuge que constitue l’écriture poétique où son désir peut s’exprimer ouvertement. Elle donne une voix à l’expression féminine de la passion. Mais Louise Labé est surtout une féministe : elle appelle les femmes à « élever un peu leurs esprits par-dessus leurs quenouilles et fuseaux ». Elle illustre avec force et talent cette grande époque de la Renaissance lyonnaise.

Au 19e siècle, Lyon est qualifiée de « capitale de la Charité » ou « ville des Aumônes ». Plusieurs femmes, appartenant à des familles bourgeoises et religieuses, vont se lancer dans un parcours hors du commun participant à une politique sociale dans un contexte de reconquête apostolique. Elles font partie de cette génération de catholiques, qui après la tourmente révolutionnaire, veut missionner et évangéliser. Pauline Jaricot est sensiblement la figure de proue de ce catholicisme social. Elle va mettre sa vie au service des autres, des plus démunis et de ceux qui souffrent. Elle fonde deux œuvres de bienfaisance, dans une société qui ne voulait pas laisser de place à l’initiative féminine. Son engagement représente la difficulté du rôle actif de la femme au sein de l’Eglise. Elle est une importante personnalité de l’histoire religieuse et de l’histoire de Lyon.


Pauline Jaricot
Pauline Jaricot à 16 ans


Une autre lyonnaise a exercé une influence considérable sur la société du 19e siècle : il s’agit de Juliette Récamier. Aucune femme n’a acquis pareille réputation et n’a exercé pareil rayonnement en France et en Europe. Aujourd’hui, elle serait la proie des paparazzi et l’aubaine des magazines people. On a écrit tant de choses sur elle, elle a inspiré tant d’artistes, alors qu’elle n’était ni une grande comédienne, ni une femme de lettres, ni une éminente autorité politique. Pourtant, elle a sans doute été la femme la plus admirée et adulée de son vivant. Elle a su s’entourer d’un panel varié d’individus, et recevoir pendant la première moitié du siècle une société brillante dans son salon. Elle a su être commanditaire, modèle, collectionneuse et initiatrice d’une mode.




Juliette Récamier
Buste de Juliette Récamier (Chinard, marbre)


Dans leur domaine respectif, ces femmes ont été des figures incontournables de la société de leur temps et ont laissé leur empreinte à la ville. D’autres sont à découvrir à l’occasion d’un parcours urbain en presqu’île ; elles y ont laissé le souvenir de tempéraments passionnés et passionnants.



Fresque des Lyonnais, Louise Labé et Maurice Scève
Fresque des Lyonnais, Louise Labé et Maurice Scève

Je vous propose d'approfondir ce merveilleux sujet en participant à une balade thématique en compagnie de Charlaine, guide conférencière (Cicérone visites guidées à Lyon).

1 commentaire:

  1. On ne rend pas assez justice à Juliette Récamier qui est, d'après moi, la plus grande figure lyonnaise et celle qui correspond le mieux à l'esprit de la ville, avant les frères Lumière et même avant Jean Moulin (entre iciii...).

    RépondreSupprimer

Vos commentaires sont les bienvenus.